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                 Culture arabe, syncrétisme et altérité

Ahmed CHENIKI

Jamais peut-être les questions de l’altérité, du syncrétisme et des jeux migratoires n’ont connu une telle actualité dans les pays arabes depuis les indépendances. Le « monde arabe » fait continuellement l’actualité depuis, au moins une quarantaine d’années : défaite de juin 1967, Guerre civile au Liban, violences en Algérie, Intifadha en Palestine, invasions de l’Irak et de la Libye, « printemps arabe », événements continûment rapportés sans aucune distance critique par les médias qui semblent engendrer des effets structurants sur la manière dont l’altérité est vécue. La géographie, à elle seule, ne peut aucunement rien expliquer dans cet univers divisé en trois parties distinctes (Machrek, Maghreb et Golfe) que ni l’Histoire, ni les choix politiques et idéologiques ne semblent réunir. Certes, l’espace thématique consensuel demeurerait la Palestine et une forte soif de jeux démocratiques. Nous essaierons, dans cet exposé, de voir comment est vécue la question de l’altérité et de l’emprunt dans un ensemble arabe vivant des situations tragiques et des relations trop ambigües avec l’ « Occident ».

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Kateb Yacine, Jeux de mémoire et traces d’Histoire 

Ahmed CHENIKI

Il n’est nullement possible de parler du théâtre en Algérie et dans les pays anciennement colonisés sans évoquer la question de l’altérité et, bien entendu, des jeux mémoriels qui marquent la représentation artistique. Nous essaierons, dans cet exposé, de voir rapidement comment se manifestent les traces mémorielles et les lieux de l’Histoire dans la production théâtrale de Kateb Yacine et comment utilisent-ils les différentes techniques théâtrales.
      
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Ahmed CHENIKI
 
Les questions  relatives à la représentation culturelle ne manqueraient pas d’interpeller des notions considérées, certes définitives, mais qui n’en sont pas moins sérieusement à interroger : nation, identité, altérité, hybridité, interculturalité. Ainsi, serions nous amené dans notre texte à nous poser de très nombreuses questions qui nous permettraient peut-être d’ouvrir un certain nombre de pistes, en partant de l’idée de l’existence possible d’une manière d’être particulière, au Maghreb, mais qui ne fonctionnerait pas forcément comme un espace systématiquement négateur des tissus critiques européens, d’autant plus que l’Europe coloniale est à l’origine de l’adoption imposée des formes culturelles dites modernes dans nos pays.   On ne peut nullement parler de la fonction de la littérature, des arts et de l’altérité sans la mettre en relation avec la question de la réception. Nous nous poserions ces questions : Quelle représentation fait-on de soi ? Comment l’écrivain maghrébin arrive t-il à user d’une langue qui n’était pas la sienne, condamnée parfois à la transformer pour dire son vécu ? Réussit-il justement à en faire un « butin de guerre » efficace, c’est-à-dire à la faire sienne ? Peut-il la dépouiller de son histoire culturelle, de ses discours antérieurs, subissant une certaine métamorphose ? Sa propre mémoire, c’est-à-dire celle de son « peuple », s’égare t-elle définitivement ou apparait-elle comme un système de signes latents dans les espaces interstitiels de l’écriture ?
 
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